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Les téléconsultations boostées par la COVID-19

Bien que les téléconsultations soient ancrées dans les pratiques de plusieurs pays voisins (France, Pays Bas, …), rien n’était envisagé en Belgique avant 2021. L’activation du plan d’urgence hospitalier le 13 mars 2020 a précipité la création de codes INAMI spécifiques pour couvrir le remboursement des téléconsultations, pratiques offrant une sécurité sanitaire vu la pandémie à COVID-19.
Des données existaient déjà sur l’adhésion des belges à ce type de pratique. En 2017, selon l’enquête STADA, 2/3 des belges préféraient une consultation en personne avec leur médecin tandis qu’en 2019, selon AXA, 64% des belges étaient ouvert à une consultation en ligne avec un médecin.

Professionnels et activités concernées ?

Deux champs d’activités sont couverts par les codes introduits : d’une part des téléconsultations de triage (en cas de signe COVID ou de renvoi pour les psychiatres et les dentistes) et d’autres parts des téléconsultations pour la continuité des soins (soit via des nouveaux codes, soit via un pseudocode complémentaire qui indiquait l’absence physique du patient).
Hormis pour les avis des médecins et dentistes un système de vidéo consultation a été imposé pour réaliser leurs téléconsultations.
Une notion de durée minimale de prestation a été indiquée également dans certains cas. En sus, un quota maximum par jour et par semaine a parfois aussi été arrêté.​

Source : Nomensoft

Plateformes sécurisées !

La plateforme e-Heath du SPF Santé Publique a publié une analyse synthétique (mais non exhaustive) des plateformes permettant les téléconsultations. Des plateformes spécialisées étaient plus recommandées que les logiciels couramment utilisés hors champ de la santé (WhatsApp, Skype, …). Après une analyse des fonctionnalités (salle d’attente, enregistrement, tchat, intégration au DPI, …) une analyse des aspects sécuritaires était présentée. Citons ici le chiffrement de bout en bout, l’identification du prestataire et du patient, la surveillance des participants présents, …). Au CHU de Charleroi, nous avons par exemple intégré le système Webex de Cisco au DPI interne. Il était aussi fortement recommandé d’utiliser les plateformes sécurisées officielles déjà existantes pour l’échange de documents de santé.​

Les premiers chiffres sont disponibles

L’INAMI a publié ses premiers chiffres qui montrent que plus de 3 millions d’avis médicaux ont été donnés par téléphone du 14 mars au 31 mai 2020. Les dentistes ont réalisé plus de 40 milles avis, les kinés près de 14 milles prises en charge. Peu de soins psychologiques à distance ont été attestés mais il s’agissait de codes spécifiques à la première ligne.​

Source : INAMI

Pour le futur ?

Même si pour l’instant le scoop d’activité est encore limité, des projets pilotes (ex télé-expertise en dermatologie) sont encore en cours en complément de la publication de l’étude du KCE REPORT 328Bs (juin 2020). Un encadrement et remboursement des télé-expertises de suivi ambulatoire des plaies chroniques est également très attendu.

Pour en savoir plus

www.inami.be
www.ehealth.fgov.be

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