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Patient Numérique

Séminaire patient numérique 2017

Sixi a assisté à ce séminaire à la fois pour les rencontres et les sujets débattus qui viennent influencer le quotidien et l’avenir des soins en tenant compte de la situation actuelle technologique.

Septième du même nom, le séminaire d’aujourd’hui se donnait comme objectif de s’intéresser à l’impact des technologies sur l’homme à travers la notion de santé augmentée.
Voyons ce qu’on entend par réalité augmentée…référence du net

https://www.realite-virtuelle.com/definition-realite-augmentee#ftoc-heading-1

La réalité augmentée désigne selon Ronald T Azuma, chercheur à l’Université de Caroline du Nord et auteur d’une des premières études sur la réalité augmentée intitulée “A survey of Augmented reality”, publié en 1997, la réalité augmentée peut se définir comme une interface entre des données “virtuelles” et le monde réel.

Concrètement, la réalité augmentée combine le monde réel et les éléments numériques en temps réel, offre à l’utilisateur des possibilités d’interaction en temps réel, et repose généralement sur un environnement 3D.

Initialement dérivé de la notion de réalité virtuelle, le terme de réalité augmentée est toutefois de plus en plus remis en question. En plus d’être peu compréhensible, ce terme est inexact. Techniquement, ce n’est pas la réalité qui est augmentée, mais bien la perception de l’utilisateur.

La plupart du temps, la réalité augmentée permet d’altérer la vision de l’usager. Toutefois, les cinq sens peuvent être affectés par cette technologie. Il est par exemple possible d’ajouter des sons artificiels à un environnement sonore.

La réalité augmentée désigne toutes les interactions entre une situation réelle et des éléments virtuels tels que de la 3D, des images 2D ou de la géolocalisation. Cette interaction est rendue possible par un “device”, à savoir un appareil qui va faire office d’unité de calcul. Cet appareil va permettre de positionner et de suivre les éléments numériques en temps réel.

Selon Fabrice Arsicot, Directeur du Pôle Digital, de la société Publicorp, la réalité augmentée se compose de plusieurs éléments :
•Un device : du type smartphone, tablette ou ordinateur équipé a minima d’une webcam ou capteur caméra, ainsi que d’une application. Le but sera de mixer virtuel et réel en superposant l’image captée par l’objectif et un contenu généré.
•Un marqueur ou déclencheur : un symbole, une image, voire même un logo si le niveau de contraste est suffisant.
•Le contenu généré par l’application : 2D, 3D, vidéo, jeu, etc.

Pour définir la réalité augmentée, on évoque bien souvent les travaux de Milgram et Kishino sur le continuum entre réel et virtuel publiés en 1994. Selon ces deux experts, la réalité mixte va de l’environnement réel à l’environnement virtuel en passant par la réalité augmentée et la virtualité augmentée.

Les organisateurs ont décidés de se questionner sur la médecine actuelle qui se propose de réparer ou « d’augmenter  » l’être humain.
Le professeur Jean-Noël Missa, professeur à l’ ULB et maître de recherche au Fonds national de la recherche scientifique ( FNRS ) nous parle de la thérapie génique qui permet de ralentir le processus de vieillissement musculaire; ce phénomène est bien connu et qui en route à partir de 30 ans.
L’orateur cite Beyond Thérapy avec ses quatre chapitres en ciblant les caractéristiques du meilleur enfant, le corps qui conserve son jeune âge, modification de l’humeur et des fonctions cognitives.
IL nous parle de Michael Sandel, de Jürgen Habermans, Jonathan Glover, Michael Rose…
Le vieillissement ne serait pas inéluctable; des recherches sur des souris ont montré soit un vieillissement par manque de télomérase soit un rajeunissement se produire si injection de télomérase.
Comme il est possible d’agir sur les gènes de la longévité, le vieillissement peut être considéré comme une maladie que l’on pourrait traiter.
Il est possible de faire fonctionner des exosquelettes par la pensée.
Une expérience réalisée sur deux rats , l’un situé au Brésil, l’autre aux USA. L’un a appris un exercice et l’autre non mais a reçu une connexion au niveau du cerveau par une sonde reliée à un ordinateur qui a reçu l’information que le premier rat avait reçu. De cette façon, le deuxième rat a pu sans formation reproduire l’exercice.

L’homme et ses pièces de rechange…le professeur Hugues Bersini, professeur à l’ ULB et co-directeur du laboratoire IRIDIA ( laboratoire d’intelligence artificielle ) insiste en début d’exposé que la presse déforme souvent la réalité des avancées technologiques et que les progrès évoluent pas aussi vite qu’on ne le signale. Il fait référence à Alan Turing qui définissait la machine intelligente quand elle va nous bluffer.
Une machine qui intègre les approches différentes de comportement est assez simple …on nous parle de la voiture sans chauffeur mais cette expérience a déjà eu lieu en 1980…les évolutions progressent lentement et franchissent des étapes et ce seuil par seuil.

Le professeur Philippe Kolh, directeur stratégique et directeur du service des informations Médico-Economiques ( SIME ) du CHU de Liège nous parle de l’évolution de la médecine en suivant les résultats de l’EBM ; l’hôpital s’oriente plus vers la prévention et surtout éviter des hospitalisations. La médecine est basée sur les 5 P , prédictive, préventive, personnalisée, participative et prouvée.

Ensuite, un débat s’est tenu avec les différents orateurs de la matinée. Ceux qui parlent du Transhumanisme annoncent que nous serons les derniers mortels. Pourquoi ne pas parler des vrais problèmes du monde, la pauvreté, les conséquences écologiques de notre façon de vivre et d’utiliser les ressources, pourquoi ne pas utiliser ces nouvelles technologies pour résoudre ces problèmes de fond.
Une question importante est de savoir comment réguler ce progrès. iL y a un dilemme entre l’évolution technologique et le cadre juridique qui met du temps à être dans l’action pour encadrer cette évolution.
La médecine thérapeutique est sous contrôle par contre la médecine augmentée n’a pas de cadre, donc pas de contrôle. Des comités de réflexions existent mais ils n’ont aucun impact.

Devant ce transhumanisme, restons attentif à ce mouvement qui ne semble pas être celui qui est dit et répété depuis un certain temps et dans différents écrits.
Documentons nous sur ces questions et créons des débats ouverts et orientés vers un humanisme qui garder sa place et la défendre .

Je vous invite à donner votre avis par rapport à ce transhumanisme et à cette journée d’échange.

J.Bellon
RP SIXI