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Paro[1]

L’étude inédite sur les usages du robot Paro pour des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou apparentée en EHPAD mutualiste

Voici un article important qui fait la une pour l’instant au niveau des média français et dont l’adresse web est
http://www.mutualite-loire.com/index.php/nos-actualites/799-l-etude-inedite-sur-les-usages-du-robot-paro-pour-des-residents-atteints-de-la-maladie-d-alzheimer-ou-apparentee-en-ehpad-mutualiste
Il m’a paru important de le relayer sur notre site car la robotique est à nos portes et participent déjà à certaines fonctions hospitalières ou en MR et en MRS.

Comme le souligne l’INSEE en 2010, le vieillissement de la population française tend à s’accélérer. Selon les projections actuelles, un tiers de la population française aura plus de 60 ans en 2060. D’après la Direction de la Recherche des Etudes de l’Evaluation et des Statistiques (Dossier Solidarité et Santé, les personnes âgées en institutions, N°22 – 2011), en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, le nombre moyen de pathologies par patient augmente avec la perte d’autonomie. Les résidents très dépendants (GIR 1 et 2) cumulent huit pathologies, la gravité des pathologies augmentant avec le niveau de dépendance. Parmi les résidents les plus dépendants, une personne sur deux souffre d’un syndrome démentiel. Les scénarios envisagés pour 2050 laissent penser que deux millions de personnes pourraient souffrir de la maladie d’Alzheimer en France, ce qui soulève un défi social important (Mura et al., 2010).

Face à la dépendance des personnes accueillies, les solutions non médicamenteuses se sont développées dans les EHPAD ces dernières années : Art-thérapie, musico-thérapie, jardin thérapeutique, …il s’agit d’une prise en soin reposant sur un accompagnement relationnel thérapeutique, visant prioritairement à préserver le plus longtemps possible les capacités restantes et ainsi à améliorer la qualité de vie de la personne malade.

Les gérontechnologies constituent des alternatives non médicamenteuses à la prise en charge de patients dépendants. Au Japon, en plus de contribuer à la gestion des médicaments dans un avenir proche (délivrance par dose unique), la technologie robotique s’insère dans les interactions sociales. Les « robots-compagnons », « robots sociaux » et « robots-animaux » sont de plus en plus présents dans le domaine de la prise en charge des personnes âgées.

Plusieurs études ont montré l’efficacité de l’utilisation de robots de forme animale auprès de personnes souffrant de troubles cognitifs, notamment sur les interactions verbales. Ainsi, le chien Aibo (Sony) favorise le développement de la communication et de la socialisation des patients déments en établissements. Il a également été montré qu’un robot pouvait entrainer le même attachement que le véritable animal chez la personne âgée. Le robot Paro, à l’apparence d’un phoque, compte parmi les plus anciens. Il a été développé en 1993 par l’équipe du Pr Shibata. Son efficacité a été montrée dans plusieurs études, notamment sur la diminution du niveau de stress, la communication et le renforcement des liens sociaux. En France, il a également été utilisé avec succès auprès d’une population de personnes âgées souffrant de troubles sévères du comportement liés à la maladie d’Alzheimer.

Toutefois, à ce jour, l’effet du robot sur les interactions entre résidents et soignants a été relativement peu étudié, de même que l’intégration des aidants (dont les familles). Par ailleurs, les précédentes recherches ont souvent porté sur des effectifs réduits de patients et des durées courtes.

Une étude inédite lancée dans 11 EHPAD, pendant 18 mois
Afin de compléter les premières analyses menées sur le robot, la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM lance une étude inédite de 18 mois, grâce au soutien de la Fédération Nationale de la Mutualité Française et de la Fondation Paul Bennetot. Initiée en septembre 2016, elle se déroulera dans ses 11 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes*, accueillant près de 1000 personnes âgées.

Les objectifs : observer les usages et les non usages du robot Paro en EHPAD, expérimenter et évaluer l’impact du robot émotionnel sur le lien social entre les résidents, le personnel soignant et les aidants et analyser les possibles effets du robot sur la douleur induite par les soins chez les personnes âgées souffrant de troubles cognitifs.

Ces études sont menées en parallèle dans les résidences mutualistes. Elles s’intéresseront particulièrement au trio résident – soignant – aidant : le résident, dans l’objectif d’améliorer sa prise en charge et sa qualité de vie au sein des établissements mutualistes, le soignant dans celui d’améliorer ses conditions de travail grâce à de nouveaux outils, et enfin l’aidant, la famille dans la plupart des cas, pour les soutenir dans leur rôle d’accompagnement.

Un conseil scientifique regroupant des experts scientifiques s’assurera tout au long du projet de la qualité scientifique des études menées. Sa composition : Dr Paul CALMELS, membre du conseil scientifique de la Fondation Paul Bennetot, Praticien Hospitalier Médecin Physique et Réadaptation adulte, CHU Saint Etienne Pr Jacques GAUCHER, Psychologue clinicien, professeur de psychologie clinique du vieillissement, Université Lyon 2 Pr Régis GONTHIER, Chef du Pôle Gériatrie et médecine interne, Professeur des universités, Praticien Hospitalier, CHU Saint Etienne Cécile RAMELLI CHARLES, psychologue spécialisée sur les maladies neuro-dégénératives auprès de la direction du secteur médico-social de la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM

Un comité de pilotage pluridisciplinaire réunissant des cadres de santé d’EHPAD, des médecins gériatres, des psychologues, des infirmiers, des aides-soignants, des aides-médico-psychologiques, assure le suivi du projet.

Des experts de renom ont ainsi apporté leur expertise dans ce projet : Pr Yves MATILLON, Chargé de mission auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Pr Anne-Sophie RIGAUD, Professeur de médecine gériatrique à l’université Paris Descartes, chef de service et chef de pôle à l’hôpital Broca (AP-HP) Pr Claude DUSSART, Professeur agrégré du Val de Grace, Directeur du laboratoire P2S, Université Lyon 1 Dr Hervé MICHEL, Docteur en science politique, directeur de MADoPA

Le projet a été validé par le Comité d’éthique élargi pluridisciplinaire de la Mutualité française Loire – Haute Loire SSAM.

*Les Résidences Mutualistes Bernadette, Le Soleil, La Cerisaie, Valbenoite et Bellevue à Saint Etienne, Les Myosotis à L’Horme, Le Val Dorlay à Saint Paul en Jarez, Les Tilleuls à La Grand Croix, Automne à Saint Paul en Cornillon, L’Adret à Bellegarde en Forez, Marie Lagrevol à Saint Just Malmont.  

Un protocole de recherche visant à évaluer l’utilisation de Paro pour prévenir la douleur induite par les soins chez les personnes âgées souffrant de troubles cognitifs et résidant en EHPAD La douleur touche 45 à 80% des personnes âgées en institution, et faute d’évaluation adéquate, elle demeure sous-estimée et insuffisamment traitée chez les résidents souffrant de troubles cognitifs. Les douleurs induites par les soins chez les personnes souffrant de troubles cognitifs en institution sont souvent cause d’anxiété et de troubles du comportement.

Un repérage systématique, associé à l’utilisation de nouvelles technologies comme la robotique sociale avec le robot phoque Paro, pourrait contribuer à une meilleure anticipation et prise en charge de la douleur induite par les soins.

Secondairement sera étudié l’effet de l’utilisation individuelle du robot Paro auprès de résidents en EHPAD présentant un syndrome démentiel sur leurs symptômes psycho-comportementaux, leurs prises de médicaments, et sur la charge des soignants et seront identifiés les profils des résidents répondant positivement à l’utilisation du robot Paro (profil sociodémographique et clinique) dans les situations de douleur induite par les soins.
30 personnes âgées atteintes d’un syndrome démentiel au stade modéré à sévère et douloureuses lors des soins, dans 4 résidences mutualistes, participeront à cette étude de 18 mois. L’évaluation se basera sur la stabilité voire la réduction du score de la Painad (échelle permettant de mesurer la douleur chez la personne âgée non communicante) entre le début et la fin du soin. D’autres critères : stabilité voire réduction de la Pacslac (échelle utilisée chez les personnes souffrant de démence avancée), score de la FPR-S (échelle d’évaluation en 6 visages), charge soignants, diminution des antalgiques, des psychotropes, évaluation de l’agitation sont autant de critères secondaires qui viendront affiner l’évaluation.

Comme vous l’avez constaté, les nouvelles technologies ainsi que l’apparition des robots adaptés soit aux handicaps soit aux conséquences de certaines maladies comme la maladie d’Alzheimer apportent des compléments que je qualifierai de compléments thérapeutiques, la gérontotechnologie est la compétence qui va évoluer dans une direction qui évite ou diminue la partie médicamenteuse des traitements.
Le vieillissement de la population est tel qu’il va représenter une population spécifique exigeant des adaptations et des recherches pour que le degré de dépendance soit solutionné par différents moyens comme l’apparition de l’Art-thérapie, musico-thérapie, jardin thérapeutique,

Face à ce nouvel outil, nous ne pouvons que souligner l’importance de cette évaluation qui s’intègre très bien avec nos obligations de recourir à des méthodes de soins validées scientifiquement.
Ceci n’est probablement qu’un début car nous allons vivre et assister à une présence de plus en plus prégnante qu’il ne faut pas craindre mais au contraire fera partie du panel thérapeutique.

J.Bellon
RP SIXI