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Mannequin 1[1]

Accouchements, premiers soins au 18ème et 21 ème siècle

Le 17 mars prochain, notre après midi thématique traite des nouvelles technologies appliquées à l’enseignement et notamment les mannequins de simulation pour l’apprentissage des meilleures pratiques.
J’ai trouvé cet article qui montre cette préoccupation déjà au 17ème siècle.
Joseph Berllon
vice président de SIXI
Voici les références du web
http://accouchementet1erssoins.e-monsite.com/pages/page-2.html

Introduction

Pendant plusieurs siècles, les couples attacheront peu d’importance aux naissances. Les femmes étaient régulièrement enceintes, ne connaissant pas les moyens de contraception. Parfois, ils avaient recours à des pratiques d’avortements quoique la pratique la plus courante d’avortement ait été l’infanticide. Cet acte était mal réprimé par la loi; en effet, vu la fragilité des nouveaux-nés, il passait souvent inaperçu. Dans les campagnes, l’infanticide touchait plus particulièrement les filles car celles-ci n’étaient pas aussi utiles que les garçons pour travailler dans les champs.

1) Accouchements en quelques points

Comme le corps et les fonctions biologiques de l’être humain n’ont pas changé depuis 250 ans, on peut en déduire que le processus de l’accouchement reste le même. La façon de traiter la femme et d’aborder l’accouchement a par contre beaucoup changé.

Nous observons que les gens qui s’occupaient des accouchements à l’époque, étaient aussi persuadés que ceux d’aujourd’hui que leur façon de faire était la bonne et qu’ils avaient raison. La façon de traiter la femme est assez similaire. C’est-à-dire comme une patiente qu’il faut délivrer de son mal, et qui n’est pas qualifiée pour savoir ce qui est bon ou non pour elle.

Les sage-femmes savaient que la femme est en travail quand les douleurs provenaient des reins et du bas du ventre, s’il s’écoulait de la partie des humidités glaireuses, quelquefois sanguinolentes et si l’orifice de la matrice se trouvait dilaté.

Lorsque le bébé se présentait mal, si la sage-femme était appelée assez tôt avant qu’il soit engagé dans le passage, la sage-femme faisait un lavement à la femme afin de vider l’intestin rectum, le passage se trouvant plus dégagé, l’enfant sortait plus aisément. S’il y avait du temps, elle saignait la femme pour qu’elle ne soit pas trop faible, elle lui retirait deux palettes de sang. Cette précaution est très utile pour lui rendre la respiration plus aisée, la matrice plus souple, et plus disposée à se dilater, elle prévoyait par ce moyen la perte qui pouvait suivre l’accouchement.

Lorsqu’au contraire les douleurs étaient véritables et qu’elles annonçaient un accouchement prochain, elle faisait mettre la femme au lit (méthode infiniment meilleure que celle dans les Campagnes, qui était de faire tenir la femme suspendue en l’air, présumant qu’elle accouchera plus tôt).

La sage-femme ne donnait aucune boisson à la femme pendant son travail, juste un peu de vin, ou de la nourriture légère, pour ne pas trop charger l’estomac. Elle devait faire attention que l’air de la chambre ne soit pas trop froid, en un mot, la sage-femme tâchait de tenir la femme le plus chaudement qu’il était possible, de crainte que le froid ralentisse ses douleurs.

La sage-femme devait éviter de toucher trop souvent la femme, craignant de la fatiguer et d’irriter ses parties, qui se tuméfient aisément. Elle devait craindre aussi qu’à force d’avoir les doigts dans l’orifice, elle ne perce trop tôt les membranes, ce qui rendait l’accouchement laborieux. Les sages femmes se contentaient de faire pénétrer le doigt de beurre non salé, ou d’huile (elles le promenaient tout autour de l’orifice pour faciliter la dilatation).

Pour percer la poche des eaux si nécessaire la sage-femme se servait du bout du doigt, d’un gros grain de sel, ou de la pointe d’un cure-dent, évitant d’employer la pointe de ciseaux, ou tout autre instrument trop aigu, capable de blesser l’enfant.

Lorsque l’enfant était sur le point de naître, la sage-femme tenait une main de chaque côté du vagin, pour que les pouces en écartent les parois à mesure que l’enfant s’avançait, elle repoussait les grandes lèvres pendant la sortie. La tête étant sortie, il fallait le retenir tout de suite, en glissant les doigts sous la mâchoire, sans prendre la tête par les oreilles, crainte de les arracher, ce qui est arrivé plus d’une fois.

Il ne fallait pas tirer la tête avec trop de violence, la sage-femme devait la tirer un peu à droite pour dégager une épaule puis à gauche pour faire venir l’autre, si la sage-femme ne pouvait réussir par ce moyen, elle devait couler deux doigts le long du col jusqu’à une des aisselles pour débarrasser l’autre, de cette manière les épaules étant passées, le reste du corps suivait sans peine.

a> La salle de travail

Il n’y avait pas de salle de travail, les femmes accouchaient chez elles.

b> Les différents accouchements

Peter Chamberlen a inventé les forceps au 18ème siècle malgré la popularité du l’instrument et son aide précieuse lors des accouchements difficiles, les forceps restent réservés très longtemps aux médecins.
La matrone (Sage femme) n’a pas accès aux instruments autres que ses mains, elle se doit d’avoir les ongles nets et courts, de ne par porter de bijoux.

Les chirurgiens (accoucheurs) utilisent les forceps mais également des crochets.

1.3 Evolution entre le 18ème et le 21ème siècle

La sage-femme est appelée matrone (mère tire-monde), elle possède le même but que la sage-femme actuelle : mettre des enfants au monde.

Mais ces deux niveaux de connaissances sont pauvres concerant l’exercion de son métier et les méthodes utilisées. Elle n’a également pas beaucoup de médicaments et d’instruments.

Au 17ème, il y avait des femmes d’expérience (possédant plusieurs enfants), d’âges mûres. Au 18ème, Mme de Coudray célèbre sage-femme va enseigner quelques pratiques aux sages-femmes des campagnes (= notions d’anatomie, gestes primordiaux).

Que fait la sage-femme ? Elle accompagne la future mère tout au long de l’accouchement, lui donne des conseils, lui indique la meilleure position, surveille la perte des eaux, et les contractions.

La sage-femme avait également le pouvoir d’ondoiement de l’enfant (= baptême) lorsque l’enfant était en danger de mort. Cette étape est d’une très forte importance car le siècle était dominé par la religion.

C’est en 1660 que la communauté des sages-femmes est officiellement reconnue. L’enseignement devient plus structuré. Son programme est désormais résolument obstétrical et médical. On passe très lentement, des matrones où leurs méthodes n’étaient pas très sur aux sages-femmes ayant reçu une formation obstétricale. On observe alors l’apparition du 1er centre d’accouchement et des écoles de sages-femmes et d’accoucheurs. (Strasbourg en 1728) En Allemagne, la première 1ère maternités en 1751.

1er lieu de formation des sages-femmes : Hôtel-Dieu à Paris.

Angélique de Coudray instaure un enseignement itinérant des techniques d’accouchement. Elle créa une « machine » qui était un mannequin servant à enseigner l’art des accouchements. Elle formera sur le territoire français plus 3000 sages-femmes et chirurgiens en 25 ans et deviendra la première pédagogue de l’obstétrique.

Le mannequin comporte des orifices où coulissent tout un jeu de ficelles et de lanières permettant de stimuler l’amplification vaginale et la dilatation de périnée lors du passages de l’enfant et contribuant à montrer la dynamique de l’accouchement. La radiographie a révélé que sous les étoffes, la soie et les rubans se cachent une véritable structure osseuse : le bassin d’une jeune femme.
Par crainte de la dépopulation…

A cette période, à cause aussi bien de l’absence de formation des matrones que des carences d’hygiène, le taux de mortalité infantile et celle des femmes en couches était très élevé dans toute l’Europe, même si une amélioration se dessine – sinon dans les campagnes du moins dans les villes – avec l’avancement du siècle. Le docteur lausannois Samuel Auguste Tissot (1728-1797) donne quelques chiffres: «A la fin du siècle passé, il mourut une femme en travail sur 35. Au commencement de celui-ci, une sur 69; de 1739 à 1749, une sur 77.» Le taux de mortalité lors de l’accouchement inquiète l’élite, qui croit que la richesse d’un pays dépend du nombre de ses habitants. Il faut savoir que les hommes du XVIIIe siècle craignaient – à tort – une dépopulation du continent.

Réformer la pratique de l’obstétrique devient capitale dans ce contexte. Dès 1750, des cours d’accouchement sont mis sur pied un peu partout en Europe. Ils peuvent prendre diverses formes: certains sont liés à des cliniques ou à des universités – telle la célèbre École de Strasbourg dirigée par Jean-Jacques Fried (1689-1769) –, d’autres naissent à l’initiative de privés, certains s’organisant en cours itinérants – comme ceux d’Angélique-Marguerite de Coudray (1712-1791) qui les répartit dans une cinquantaine de villes de France. Ces formations étaient souvent ouvertes aux hommes, aussi bien médecins que chirurgiens. La profession d’accoucheur s’affirme. La présence d’un médecin ou chirurgien qui s’impose dans la chambre de la femme en couches est mal vécue et entraîne la gêne.

En 1778, création de l’école d’instruction des sages-femmes à Yverdon (Suisse)

La prise de conscience de la nécessité de former des sages-femmes compétentes jouera un rôle décisif dans la chute du taux de mortalité des femmes en couches et des nouveaux-nés.

Malgré le fait que la plupart des pratiques de l’époque laissent à désirer, Madame Du Coudray avait déjà compris des choses comme l’inutilité de faire trop d’examens vaginaux, que la gêne causée par la présence de certaines personnes à l’accouchement peut ralentir le travail, et qu’il est important de s’assurer avec la femme si elle se sent à l’aise avec les personnes présentes. Ces deux choses sont encore vraies aujourd’hui, même si elles ne sont pas (encore) toujours respectées.

Sages-femmes :

Le rôle le plus habituel de la sage-femme est d’aider et d’assister à l’accouchement, d’ondoyer l’enfant en cas de nécessité, de témoigner de ce qu’elle sait au sujet de l’enfant né. D’après Pierre Jean-Baptiste LEGRAND D’AUSSY : L’art des accouchements est totalement inconnu en Auvergne et il est impossible de dire combien, annuellement, d’enfants et mères sont estropiés et blessés par l’ignorance des matrones. Les services de l’accouchement s’y font de voisine à voisine ; ou c’est une femme du village qui, adoptant cette profession comme elle en prendrait une autre, l’exerce au dépens de qui il appartient. Parmi les prétendues sage-femme qu’on y voit, n’y en avait-il pas quatre qui aient suivi un cours d’accouchement et subi un examen dans les écoles publiques. Ce n’est qu’en cas d’enfantements laborieux qu’on appelle un chirurgien ; encore souvent la pauvreté empêche-t-elle d’employer cette ressources.

Dans chaque paroisse l’évêque a fait l’obligation de nommer une sage-femme directement sous la surveillance du curé.

Le prêtre assure que sa paroisse possède une matrone « suffisamment instruite », en réalité la plupart sont analphabètes et sont incapables de signer les registres.

Les sages-femmes ont prêté le serment requis par le diocèse et qu’elles savent ondoyer un nouveau-né en péril de mort. Ondoyer est une nécessité, afin que l’enfant « rejoigne le paradis ». L’enfant n’a pas de prénom, il lui sera attribué au moment du baptême par son parrain et sa marraine.

Si l’enfant paraît mort au moment de la sortie ou si l’enfant présente de la pourriture est le seul cas où la sage-femme est dispenser de l’ondoyer.

Pour être habilitées sage-femme par l’Église à exercer la fonction d’accoucheuse, il faut que les matrones soient irréprochables sur le plan des mœurs et de la religion, ainsi qu’il faut qu’elles sachent distinguer une enfant viable d’un enfant mort ou monstrueux. Qu’elles soient capables de faire le signe de croix en récitant les paroles nécessaires et adéquates.

Les sages-femmes devaient savoir baptiser, garder le secret des familles, être adroite pour ménager la vie et le salut des mères et des enfants. Elles devaient être irréprochables et exemplaires dans leur vie et dans leurs habitudes. Mais le plus souvent, il était fait appel à une veuve d’âge mûr d’excellente réputation ou à une femme ayant eu plusieurs enfants et étant respectée dans le village.

Si, à la campagne, les matrones étaient choisies sans avoir à passer d’examen et que leurs secours, à la base gratuit, étaient rémunérés selon le bon vouloir des familles, à la ville, la situation était quelque peu différente. En Suisse romande, à partir du XVIe siècle, on retrouve les traces de sages-femmes engagées après un examen et rétribuées par une ville. De manière générale, toutes devaient s’engager à ne pratiquer ni rituels superstitieux ni avortements.

Madame Le Boursier Du Coudray donne aussi des conseils et instructions détaillés sur le moyen d’aller porter l’enfant vivant à l’Église le plus sûrement et efficacement possible, surtout si il faut s’y rendre durant la nuit, et ensuite des instructions sur comment présenter l’enfant au baptême.
En voici un extrait:
« Il est encore du devoir d’une Sage-femme, d’avoir soin, pendant l’hiver, de recommander aux Clercs de la Paroisse, de chauffer tant soit peu l’eau des Fonds, de sorte qu’elle soit un peu tiède, faute de cette précaution, l’enfant pourroit s’enrhumer, il pourroit même s’ensuivre des infirmités qui le conduiroient à la mort.
Quand une Sage-femme propose l’enfant pour le Baptême, elle doit détacher l’épingle du bonnet de dessous le menton, & ne point arrêter le maillot sous le col, afin de faciliter les onctions qui se font sur la poitrine & entre les deux épaules.
Quand elle présente l’enfant au Baptême, il faut qu’elle l’étende le long du bras gauche, en soutenant de la main la tête tant soit peu penchée sur la poitrine, ensorte que la tête soit un peu plus haute que les pieds.
Il se trouve des femmes si embarrassées qu’elles présentent l’enfant des deux mains, & par les épaules: cette attitude est si violente pour lui, qu’il devient sur le champ tout violet, parce qu’il n’a pas la force de tenir sa tête. Je dois tout ce détail à des Curés, qui, pénétré de sentiments d’humanité, m’ont prié d’en instruire mes Élèves.
C’est par cette considération que Mrs les Curés consentent volontiers que les Parrains & les Marraines se contentent de toucher l’enfant quand on le présente au Baptême, & regardent comme propre aux Sages-femmes d’avoir toutes les attentions. Ces Mrs savent aussi tous de quelle conséquence il est de ne pas verser l’eau de trop haut, comme aussi de trop appuyer sur la suture du crâne de l’enfant dans l’onction du saint Chrême.
Les Sages-femmes doivent encore s’intéresser à ce que les Accouchées ne fassent leur première sortie pour venir à l’Église, avant qu’elles soient bien remises. On ne sauroit comprendre combien ces pauvres femmes contractent d’infirmités à leur première sortie dans des temps de pluie ou de froid, ou par la lassitude à cause de la longueur du chemin, ou à cause du scrupule qu’elles se font de prendre quelque nourriture avant que d’avoir entendu la Messe. » p.7-9

Les accoucheurs :

Cette intrusion des hommes dans un espace totalement féminin ne se fait pas sans problèmes. Un hebdomadaire de l’époque, le Journal de Lausanne, nous informe sur les enjeux moraux de ce changement en donnant la parole aux femmes. L’une d’entre elles, qui signe sous le pseudonyme de Cécile Pudorine, écrit: «Pendant long-temps, j’ai douté de la vertu de la femme qui, la première, avait osé prendre sans nécessité un homme pour accoucheur; et j’ai été très-injuste peut-être. De nos jours cet usage est devenu souvent une fatale nécessité […] Une femme en travail aime à s’environner d’êtres qui s’intéressent à sa situation, qui agissent lors même qu’il n’y a rien à faire, qui partagent sincèrement ses douleurs. La présence d’un homme la gêne, l’importune, parce qu’elle sait qu’on ne peut compatir de bonne foi, qu’aux maux qu’on a éprouvés, ou qu’on a lieu de craindre pour soi-même. Les douleurs de l’enfantement sont les seuls que l’homme le plus sensible ne saurait partager. Leur vivacité peut bien exciter en lui la pitié, sentiment froid, qui produit bientôt l’ennui; mais l’ennui conduit à l’impatience, et de l’impatience à la violence, je ne vois plus qu’un pas à l’abus cruel que trop souvent ils font et de leur force et des instruments meurtriers dont ils arment leurs mains.»

C’est dans la seconde moitié du siècle qu’intervient la médicalisation de l’accouchement – auparavant affaire domestique – et que cet acte, tel qu’on le connaît aujourd’hui, se met en place.

La seconde moitié du XVIIIe siècle semble être un moment privilégié dans l’histoire des femmes. C’est en effet durant cette période que se structurent toute une série de facteurs qui sont présent encore de nos jours lors de l’accouchement: les acteurs (accoucheur et sage-femme), la hiérarchie de leurs rôles (priorité de l’autorité du médecin), les lieux (l’hôpital plus que la maison), ou encore les pratiques (introduction de nouveaux instruments chirurgicaux comme le forceps).
Avant ce tournant sanctionnant la médicalisation de l’accouchement, ce dernier était une affaire domestique gérée par des femmes: la femme en couches, ses parentes et bien sûr la matrone. Le savoir-faire de celle-ci était le résultat d’une transmission orale de pratiques non codifiées mêlées à des gestes magico-religieux. Le plus souvent elle ne possédait aucune connaissance d’anatomie, tout comme les chirurgiens-barbiers de campagne qui auraient dû l’assister lors d’accouchements difficiles.

Médicalisation des accouchements

Il faut néanmoins remarquer que jusqu’à la première moitié du XVIIIe siècle, les rituels pour faciliter l’accouchement n’étaient pas une prérogative des matrones illettrées. Le médecin et botaniste lausannois Jacob Constant (1645-1732), dans son Essai de la Pharmacopée, affirme par exemple qu’une ceinture en peau humaine appliquée à une femme en travail facilite la venue au monde de l’enfant. Une telle attitude devient plus compréhensible si l’on songe que les moyens à disposition des matrones et des chirurgiens pour faciliter l’accouchement, pour chasser l’enfant mort ou arrêter une hémorragie se résument jusqu’alors à quelques remèdes d’origine animale ou végétale. Dans les documents de l’époque, nous trouvons plusieurs exemples comme l’angélique, la verveine, le cyclamen, la pivoine ou encore la mauve.

2) Déroulement de l’accouchement

a> L’accouchement

La sage-femme pouvait s’efforcer d’abréger le temps des douleurs en hâtant la descente de l’enfant par des manipulations diverses : percer la poche des eaux avec l’ongle, dilater le col de l’utérus avec les doigts enduits de pommade, beurre ou huile, appuyer sur le ventre, lubrifier d’huile les « parties » pour faciliter le passage de l’enfant.

En cas d’accouchement difficile, elle faisait appel à un accoucheur ou à un chirurgien. Dans beaucoup de cas, elle faisait son possible pour sauver la mère et l’enfant ce qui conduisait souvent au décès car elle ne connaissait pas ses limites et ne gardait pas l’esprit clair.

Elle avait remarqué que si l’enfant se présentait par la tête, il y avait moins de complications ou de dangers de mort. En cas de siège, la sage-femme ou l’accoucheur tentaient de tourner l’enfant.

b> Les Positions

Soit on faisait mettre la femme au lit, soit comme dans les Campagnes, on la faisait tenir suspendue en l’air, présumant qu’elle accouchera plus tôt.

c> Méthode contre la douleur

Nous avons perdu aujourd’hui la mesure de ce que pouvait être la souffrance des couches d’autrefois. Les textes médicaux des XVIIIe siècles (qui nous parlent surtout, il est vrai, d’accouchements catastrophes) mentionnent couramment des femmes restant en travail plusieurs jours avec les « chairs horriblement meurtries », souffrant d’ »ulcération affreuse » ou de « suffocation hystérique », tombant dans de « grandes faiblesses » ou de « cruelles convulsions ».

Ces douleurs de l’accouchement doivent être replacées dans un contexte plus général. Depuis la nuit des temps, la douleur est le lot commun de tous, hommes et femmes. Les populations anciennes étaient exposées par leurs modes de vie souvent rudimentaires à de multiples causes de douleurs et de maladies. Les remèdes utilisés autrefois pour soulager et guérir blessures et maladies étaient souvent radicaux et très douloureux (cautérisation au fer rouge ou à l’aide de caustiques, cataplasmes, vésicatoires, urtication, etc.). La médecine ancienne, peu préoccupée de soulager les douleurs, considérait les crises douloureuses aigües comme des réactions salutaires de l’organisme, ainsi que l’expriment plusieurs dictons populaires : « quand la blessure cuit, elle guérit », ou « quand le mal est le plus proche, la santé est la plus proche ».

Les femmes parlent entre elles des douleurs de l’accouchement, mais seulement avec celles qui les ont vécues, jamais avec les hommes, les enfants, les jeunes filles et celles qui n’ont pas encore enfanté. Dans une optique rigoriste, les douleurs sont considérées communément comme la rançon du plaisir éprouvé dans l’acte sexuel. Mais cette souffrance a aussi une valeur positive, puisqu’elle permet de « mériter son bébé », comme l’indique l’expression ambivalente de « mal-joli ». Autre idée très forte : l’accouchement, comme initiation douloureuse à la maternité, est la « guerre » des femmes, elles l’affrontent avec courage et en sortent vivantes ou mortes, comme les hommes qui partent au combat. Après la naissance, le sentiment de fierté est fréquent : reprenant dans les années 1920-30, une expression utilisée par les soldats des tranchées, les accouchées disaient fréquemment : « on a quand même tenu le coup ».

Au XVIIIe siècle, les accoucheurs reprennent les mêmes distinctions entre les petites douleurs du début de travail (appelées « mouches ») qui donnent des tiraillements ou des coliques, et les grandes douleurs (appelées « tranchées »), donnant déchirements et contractures, qui annoncent la fin du travail

Les moyens traditionnels de soulagement de la douleur

Louise Bourgeois, sage-femme du début du XVIIe siècle, connue pour avoir accouché la reine Marie de Médicis affirme que, si on ne peut abolir les douleurs de l’enfantement, on doit au moins s’efforcer les atténuer. Il faut d’abord veiller à la qualité de l’environnement matériel et psychologique autour de la parturiente ; les thérapeutiques anciennes attachent une grande importance au bon usage des six choses dites « non naturelles » (air, aliments et boissons, sommeil et veille, mouvement et repos, excrétions, émotions et sensations)

La sage-femme peut aussi s’efforcer d’abréger le temps des douleurs en hâtant la descente de l’enfant par des manipulations diverses : percer la poche des eaux avec l’ongle ; dilater le col de l’utérus avec les doigts enduits de pommade, beurre ou huile ; appuyer sur le ventre ; lubrifier d’huile les « parties » pour faciliter le passage de l’enfant.

Enfin, la médecine ancienne a une bonne connaissance de plantes calmantes ou analgésiques, récoltées dans la nature ou cultivées dans les jardins, et utilisées en potions, décoctions, frictions ou cataplasmes : jusquiame, mandragore, lierre grimpant, valériane, aconit, belladone, pavot blanc. L’alcool (sous forme d’eau de vie) est souvent administré généreusement aux parturientes, comme à tous les malades.

La fin du XVIIIe siècle voit l’invention sans lendemain du protoxyde d’azote (1776) et la découverte de l’éther (1792).

d> Les connaissances de la mère

La sage-femme savait où était situé le placenta dans l’utérus et de quoi il était constitué, que la femme était en travail lorsque les douleurs au niveau des reins étaient très fortes et que l’utérus était dilaté.

Au 18ème siècle, on représente les êtres humains sur des figurines en ivoire. On peut apercevoir un modèle masculin et un modèle féminin qui possèdent des organes internes comme le cœur, le foie, l’estomac et les intestins sont amovibles. Sue la figurine de la femme cette dernièere est représentée enceinte. Le niveau de détail n’est pas énorme mais il donne un aperçu sommaire de l’anatomie. On pense que ces mannequins ont permis au personnel médical d’expliquer aux jeunes couples le mécanisme de la grossesse.

A la fin du 18ème siècle, la cire a permis de modeler des mannequins plus réalistes.
A l’époque, l’accent était surtout mis sur les organes reproducteurs pour bien comprendre la différence entre les hommes et les femmes. la plupart de ces mannequins féminins étaient d’ailleurs souvent représentés enceintes, avec le fœtus amovible.

Pour finir, les œuvres de Angélique de Courdray ont permis une véritable avancée dans le domaine des connaissances. Effectivement, on pense qu’elle a enseigné les gestes pour un accouchement plus sûr à environ 5 000 sages femmes en 25 ans. (En France)

C’est en 1759 que « la machine » voit le jour. Constituée de peau et de toile, rembourrée de coton, celle ci est empreinte de réalisme.
Une radio a d’ailleurs permis de mettre en évidence le fait qu’elle comportait un bassin d’une jeune femme. Elle comprend en effet un mannequin représentant, en grandeur réelle, la partie inférieure du corps d’une femme, une poupée de la taille d’un nouveau-né et différentes pièces annexes montrant l’anatomie féminine et les phases de la grossesse. Ce mannequin permettait aux élèves sages femmes d’avoir une formation moins théorique et donc de mieux appréhender le passage à la pratique réel sur des femmes enceinte.

Au 18ème siècle, la connaissance de l’anatomie humaine, du système reproducteur féminin ainsi que du positionnement du bébé dans l’utérus (appelé matrice) était assez étendue, comme prouvent ces quelques dessins de l’époque.

Mme de Coudray avait déterminé la position favorable de l’enfant dans le bassin.

3) Les soins post-nataux à la mère

Une fois les soins au bébé terminés, la sage-femme s’assurait que le placenta était bien sorti, et, s’il était nécessaire, elle procédait à une délivrance assistée du placenta, en tirant tout doucement sur le cordon. Elle passait ensuite une bande large de tissu sous les reins et elle l’attachait devant avec des épingles, afin d’aider le bassin, les os du pubis et l’abdomen à se resserrer. Elle le resserrait ensuite (mais pas trop pour éviter des douleurs vives ou des infections) au bout de quelques jours, puis chaque jour.

Conclusion

Les sages-femmes de l’époque semblaient s’assurer du bien-être et de la santé de la femme. Par contre, il est clair que les conditions de vies étaient assez peu hygiéniques et les connaissances dans les domaines de la santé et de la nutrition assez limitées, on suppose qu’elles faisaient de leur mieux avec les moyens et les connaissances de l’époque .