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Les enjeux du Big Data, Gilles Babinet.

Gilles Badinet, premier président du conseil national du numérique, puis « Digital Champion », il représente la France auprès de la Commission européenne pour les enjeux du numérique.

Il nous donne le premier exposé et introduit la session intitulée

Big Data au service de la qualité des soins.

 Big Data ou Big Brother ? Big data et Big Brother ?

C’est la première phrase de la préface écrite par Erik Orsenna de l’ Académie française du livre écrit par Gilles Babinet dont le titre est :

                          Big Data, penser l’homme et le monde autrement

Je reprends pour planter le décor deux paragraphes de cette préface.

Il y a quelque temps, la science-fiction nous faisait frémir en annonçant un âge où les ordinateurs domineraient les humains. Aujourd’hui, la menace se précise. Les données ont-elles pris le contrôle de nos vies ? Désormais, nous sommes suivis, pistés, démasqués, mis en catégories, enregistrés. A chacune de nos innombrables connexions quotidiennes, nous dévoilons un peu plus de notre intimité. On sait tout de nous, de nos préférences, de nos espoirs, de nos petites manies inavouables…

Qu’en est-il de nos droits, à commencer par deux d’entre eux, le droit à l’ombre et le droit à l’oubli ? Comment vivre sous ce projecteur perpétuel ? Que fait-on de toutes ces informations qui nous ont été volées ? Et qui les rassemble, et qui décide, un beau jour, une sale nuit, de les utiliser ?

Regardons les points positifs de l’apport de ces données. Sur le plan préventif, il est possible de corréler les données socioculturelles et les champs directionnels pour développer une épidémiologie de masse. Le développement d’une médecine personnalisée est possible, la façon de gérer les données personnelles pour améliorer le bien être serait aussi une possibilité. Le Data explosion conduit inévitablement à une Logique de bien-être en les utilisant comme outil de prévention. Monsieur Gilles Babinet donne l’exemple de séquençage complet de l’ ADN pour 100€, prix actuel alors qu’au début de la connaissance de cette technique le prix était de 15000 €. Il attire notre attention sur des Dynamiques fortes qui se présentent avec ce mouvement des données. Il cite le Blue Button qui est un enregistrement et stockage de données par les patients mais les patients peuvent les récupérer. Des connecteurs normalisent ces données pour les utiliser à bon escient.
Les patients concernés par telle ou telle maladie participent à s’inscrire sur des plateformes qui trouvent un sérieux développement. Les patients ne sont plus seul face à leur ou à la maladie.

Il est remarqué par les patients qui y sont inscrits un taux d’observance supérieur des bonnes pratiques de soins ou de traitement. Les informations ainsi recueillies permettent d’adapter les protocoles en fonction des effets secondaires, des moments de prise. Par ce biais, les bénéfices sur la compréhension des protocoles apportent aux chercheurs des éclairages positifs plus rapides par ce dépôt d’informations. Le données exogènes par Google Flux, les personnes tapent leurs symptômes la recherche et toutes ces demandes apportent des précisions notamment sur le flux de la grippe ; cet exemple cité ne « marche » pas mais les biais ont été corrigés par les universités. Ceci démontrent, nous dit-il, les apports positifs même s’il faut être prudent et corriger les premières conclusions.

Il nous parle de Watson IBM, un modèle fermé. Selon wikipédia, les capacités analytiques de Watson au niveau de la santé peuvent permettre d’analyser toutes les données rassemblées autour d’un patient : symptômes, découvertes, remarques du praticien, entrevues avec le patient, précédents familiaux. L’ordinateur analytique peut ainsi engager avec le professionnel une discussion collaborative dans le but de déterminer le diagnostic le plus vraisemblable et les options de traitement. Dans le domaine de la radiologie, les capacités analytiques de Watson pourront permettre de repérer sur des IRM des anomalies imperceptibles à l’œil humain. Dans le domaine de la cancérologie, la technologie de Watson pourra être utilisée afin de trouver un compromis en examinant les avantages et inconvénients d’un traitement contre le cancer et les solutions de dépistage. Cela apportera aux médecins une aide décisionnelle et permettra aux patients de prendre des décisions de manière plus avisée. L’orateur nous précise que pour les maladies rares ce modèle donne un taux de résolution de 90 % et dans l’aide diagnostique, les ordis sont très bons soit 17% de mieux selon McKinsey. Il insiste aussi que les processus épidémiologiques sont aidés par l’ouverture aux data non médicaux, nous sommes en présence de l’open data. En résumé et ce n’est pas un slogan, il montre une dia qui synthétise ces idées suivantes Big data et big résultats, Big Data et Big progrès.

N’oublions pas nous dit-il les enjeux éthiques en citant l’affaire Snowden, ancien employé de la CIA ( central intelligence Agency) et de la NSA (National Security Agency), qui a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques. Nous terminerons par une question : où en est la France dans ce mouvement ? Monsieur Gilles Babinet nous explique que des efforts ont été réalisés depuis deux 2 ans. Les autorités française, nous dit-il, présentent des difficultés avec les changements systémiques, trois mouvements peuvent être mis en place ne pas voir, interdire et récupération a posteriori. Le mieux serait de se projeter.
Mais il constate une véritable dynamique de changement , une French tech avec des incubateurs locaux, des initiatives privées et des opportunités de mise en oeuvre pour le secteur publique.
Joseph Bellon                                                         Patricia Vanlerberghe

Vice président de SIXI                                               membre du CA de SIXI