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Big data et santé ….une bonne maladie

Sources : L’Express, McKinsey, EDP Biologie.

De la prévention à la médecine personnalisée jusqu’aux économies d’échelle pour les assurances maladie, les technologies autour du Big data sont très prometteuses. Mais l’exploitation des données de santé n’engagent pas uniquement les professionnels du secteur. Comme tout pilier de la transformation numérique, elle concerne bien sûr les acteurs technologiques, leur capacité d’innovation et d’adaptation à l’environnement médical mais aussi les experts dans les domaines éthique, juridique, administratif, économique et de la sociologie.

Mise à jour le 8 octobre 2014

Patients, praticiens, chercheurs, industries pharmaceutiques et caisses d’assurance sont concernés par le big data appliqué à la santé. Toute la chaîne des acteurs est impactée par le développement des technologies data, en termes qualitatif et quantitatif. Les bénéfices économiques du traitement des grands flux de données sont déjà évalués pour ce seul secteur à quelque 300 milliards de dollars annuels.

En termes de baisse des coûts, grâce à la médecine prédictive et aux soins personnalisés, pour les États-Unis, le Big data serait à l’origine de quelque 300 à 400 milliards de dollars d’économie, 14 millions d’euros d’économie potentielle sur les fraudes en France. Des arguments qui permettent de créditer la position  de l’expert santé Kurt Salmon, exposée dans l’Express.

« Il n’est pas risqué de dire qu’aujourd’hui la notion de big data est sortie de son couffin technico-technologique et se révèle être une révolution globale à l’accent résolument politique par la profonde mutation du cadre général du monde de la santé qu’elle entraine. » Jérôme Michelot, Kurt Salmon

En quoi le Big data est-il une révolution pour la santé ? Premier élément de réponse : les technologies autour du big data permettent désormais le recueil, le croisement et l’analyse de données macro et micro dont les  sources et les périmètres d’intérêt sont très diversifiés : R&D industrielle et scientifique, données cliniques des dossiers médicaux personnels et des centres de santé, caisses d’assurance maladie, comportement et hygiène de vie des patients, etc. En marge de cet aspect « technico-technologique », les applications de l’analytique ont une résonnance sur l’ensemble des domaines, comme l’ont souligné un rapport McKinsey et Jérôme Michelot :

La prévention avec un suivi des patients qui devient acteur de santé

Le diagnostic en aidant les médecins à choisir les traitements les plus adéquats et à les personnaliser

La ‘’ventilation’’ du personnel médical avec la mise à disposition de professionnels adaptés au cas du patient (généraliste vs spécialiste par exemple)

La maîtrise des coûts, la traque aux fraudes  associée à une meilleure qualité de soins,

L’innovation pour une meilleure exploitation et diffusion des connaissances, pour une meilleure corrélation entre causes et effets, pour la sécurité des traitements.

Les questions d’ordre éthique et juridique autour de l’utilisation des données restent au cœur du sujet. C’est une problématique majeure soulevée par les futures réflexions du gouvernement français. Son projet de loi de modernisation du système de santé a établi « un cadre qui favorise l’exploitation des données de santé par tout acteur – public, privé, universitaire ou associatif – et pour tout projet d’intérêt collectif, dans le respect de la vie privée » a rappelé la Ministre Marisol Touraine, lors d’un discours en septembre dernier. Il concernait la présentation d’un groupe de travail autour du big data et de ses usages, réunissant plusieurs types d’acteurs santé.

Quelle organisation dans les centres de soins, quelles infrastructures IT, quelles habilitations pour les organismes  qui souhaitent exploiter le big data santé, à quelles fins précises, quel modèle économique ? Le sujet, a précisé la Ministre, est à la croisée de nombreuses compétences pour expliquer son choix de faire participer à la réflexion, en marge des professionnels de santé, « des scientifiques, juristes, sociologues, économistes… Les anglais parlent de cross-pollinisation. J’aime beaucoup cette image d’une « pollinisation croisée» des expertises, qui fait progresser le savoir. C’est l’esprit de ce groupe de travail ».

D’importants partenariats publics/privés sont noués en faveur des Big data et de la santé.

Très présente dans la course au Big data, l’Union européenne soutient depuis plusieurs années des programmes pour l’innovation en matière de données et de santé tel que le projet Sim-e-Child en cardiologie pédiatrique.  La plateforme d’échanges relie 5 structures hospitalières européennes et américaines et l’initiative est en voie d’adaptation pour des pathologies plus larges (maladies cardiovasculaires, rhumatologie, neurologie) avec près de 11 millions d’euros de subventions.

L’UE s’est également engagée dans un nouveau partenariat public/privé portant sur 2,5 milliards d’euros pour l’exploitation de mégadonnées au service de l’innovation, entre autres pour la santé. Il complète des initiatives déjà lancée comme le programme Virtual Physiological Human dont l’objectif est d’utiliser les TIC pour modéliser des protocoles de traitements (3 Ms€ de soutien) et TBICARE, outil informatique qui combine diverses bases de données et la simulation de systèmes pour traiter plus efficacement les patients atteints de lésions cérébrales.

Joseph bellon.

Vice Président.